{"id":263,"date":"2024-08-15T01:24:43","date_gmt":"2024-08-14T23:24:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.3tv.bf\/?p=263"},"modified":"2024-08-17T01:28:18","modified_gmt":"2024-08-16T23:28:18","slug":"securite-alimentaire-et-nutritionnelle-les-cultures-negligees-et-ou-sous-utilisees-meritent-lattention-de-tous-pr-jacques-nanema-coordonnateur-de-lujkz-du-projet-sus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.3tv.bf\/index.php\/2024\/08\/15\/securite-alimentaire-et-nutritionnelle-les-cultures-negligees-et-ou-sous-utilisees-meritent-lattention-de-tous-pr-jacques-nanema-coordonnateur-de-lujkz-du-projet-sus\/","title":{"rendered":"S\u00e9curit\u00e9 alimentaire et nutritionnelle: \u00ab Les cultures n\u00e9glig\u00e9es et ou sous-utilis\u00e9es m\u00e9ritent l\u2019attention de tous \u00bb, Pr Jacques Nanema, coordonnateur de l\u2019UJKZ du projet Sustlives"},"content":{"rendered":"<p><strong>R\u00e9concilier savoirs paysans et acad\u00e9miques pour am\u00e9liorer la productivit\u00e9 des cultures n\u00e9glig\u00e9es et ou sous-utilis\u00e9es telles que le pois de terre, le fabirama, le bissap, c\u2019est le pari que le projet Sustlives s\u2019emploie \u00e0 relever. Dans cet entretien, le coordonnateur de l\u2019\u00e9quipe pluridisciplinaire de l\u2019universit\u00e9 Joseph -Ki-Zerbo du projet Sustlives, Pr Jacques Nanena pr\u00e9sente plus en d\u00e9tails les objectifs et les r\u00e9sultats engrang\u00e9s apr\u00e8s 3 ans.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sidwaya (S.): Pr\u00e9sentez-nous le projet Sustlives<\/strong><br \/>\n<strong>Jacques Nanema (J.N.) :<\/strong>\u00a0Initi\u00e9 en 2019, Sustlives a \u00e9t\u00e9 retard\u00e9 par la COVID\/19 et lanc\u00e9 en 2021 pour une dur\u00e9e de 4 ans dans une dynamique multi-acteurs Nord-Sud. Il s\u2019agit d\u2019un projet de recherche pluridisciplinaire, car il mobilise des chercheurs aussi bien en sciences de la vie et de la terre, en agronomie, qu\u2019en sciences humaines, des \u00e9tudiants-chercheurs de niveau master et doctorat.<\/p>\n<p>Mais, c\u2019est aussi un projet d\u2019action et de formation parce que sur le terrain, il y a de l\u2019\u00e9coute et de l\u2019accompagnement des autres acteurs des fili\u00e8res identifi\u00e9es, notamment les paysans, les transformatrices, les associations qui travaillent dans le domaine des cultures n\u00e9glig\u00e9es et ou sous-utilis\u00e9es (NUS). La collaboration avec les paysans a permis aux chercheurs d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 leurs connaissances endog\u00e8nes sur les semences, puis de les organiser en r\u00e9seaux en vue d\u2019une meilleure conservation, circulation et promotion des semences.<\/p>\n<p>Le projet a r\u00e9alis\u00e9 des sessions de renforcement de capacit\u00e9s avec des formateurs d\u2019Afrique et d\u2019Europe sur des questions pointues. Sustlives a aussi contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er une masse critique de personnes-ressources capables v\u00e9ritablement de poursuivre la dynamique au-del\u00e0 du projet.<\/p>\n<p><strong>S. : Quels sont les objectifs vis\u00e9s par le projet Sustlives ?<\/strong><br \/>\n<strong>J.N. :<\/strong>\u00a0L\u2019objectif g\u00e9n\u00e9ral du projet est de favoriser la transition vers un syst\u00e8me agricole et alimentaire durable et r\u00e9silient au changement climatique pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et nutritionnelle. Le changement climatique a compl\u00e8tement boulevers\u00e9 notre agriculture. Cela se traduit par plus de difficult\u00e9s \u00e0 atteindre l\u2019autosuffisance alimentaire, car les sols sont souvent d\u00e9grad\u00e9s. Le milieu rural perd ses bras valides, ses savoirs, mais aussi parfois ses semences.<\/p>\n<p>L\u2019ambition de ce projet est donc d\u2019identifier les meilleurs chemins par lesquels am\u00e9liorer la productivit\u00e9 des NUS et leur contribution \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, car, elles sont pris\u00e9es par les consommateurs notamment de mets locaux. Ces cultures m\u00e9ritent v\u00e9ritablement l\u2019attention \u00e0 la fois des d\u00e9cideurs, mais aussi des chercheurs, des commer\u00e7ants, des associations de consommateurs, de transformateurs et des diff\u00e9rents projets de d\u00e9veloppement, car autour d\u2019elles, il y a une v\u00e9ritable \u00e9conomie qui est \u00e0 d\u00e9velopper.<\/p>\n<p>Imaginez tout simplement la quantit\u00e9 de bissap vendue aux \u00e9l\u00e8ves des coll\u00e8ges et lyc\u00e9es de Ouagadougou ou encore les quantit\u00e9s de pois de terre ou de Babenda vendues dans cette ville et vous verrez que ces cultures sont importantes et rentables pour de nombreuses personnes. Il y a des opportunit\u00e9s pour nos paysans, les autres acteurs de la cha\u00eene de valeurs de ces cultures, pour les femmes et les jeunes \u00e9tudiants soucieux d\u2019entreprendre. Pour cela, il faut promouvoir ces cultures qui nous d\u00e9barrassent des dangers des engrais chimiques.<\/p>\n<p>Ce projet a donc une utilit\u00e9 multiple \u00e0 la fois pour les g\u00e9n\u00e9rations actuelles, mais aussi pour qu\u2019\u00e0 l\u2019avenir, nous retrouvions tout le potentiel de nos sols et de nos paysans, m\u00e9moire pr\u00e9cieuse des pratiques agro\u00e9cologiques anciennes pour une alimentation saine, riche et soutenable. Les paysans ont des savoirs, mais, ils ont besoin d\u2019\u00eatre \u00e9cout\u00e9s, compris, accompagn\u00e9s et mis en relation avec les chercheurs d\u00e9tenteurs de comp\u00e9tences et les jeunes sortant de l\u2019universit\u00e9 pour de meilleures pratiques de production, de conservation et de transformation.<\/p>\n<p>La rencontre de ces deux types de savoirs (scientifiques et paysans) permet une remise en perspective de notre d\u00e9veloppement rural. R\u00e9ussir \u00e0 relier les acteurs dans la m\u00eame fili\u00e8re depuis le champ jusqu\u2019\u00e0 la table en passant par le march\u00e9, telle est la plus-value de ce projet pertinent pour le Burkina et le Niger.<\/p>\n<p><strong>S. : Quelles sont les zones d\u2019intervention du projet au Burkina ?<\/strong><br \/>\n<strong>J.N. :<\/strong>\u00a0Au regard du contexte s\u00e9curitaire, nous avons d\u00fb limiter la zone d\u2019intervention du projet \u00e0 un rayon de 100 kilom\u00e8tres autour de Ouagadougou. Nous avions une ambition plus grande, mais finalement, nous avons concentr\u00e9 nos actions dans les provinces du Kadiogo, de l\u2019Oubritenga, du Baz\u00e8ga et du Boulkiemd\u00e9.<\/p>\n<p><strong>S : Quels sont les grands r\u00e9sultats auxquels vous \u00eates parvenus ?<\/strong><br \/>\n<strong>J.N. :<\/strong>\u00a0Dans le cadre du projet Sustlives, nos chercheurs ont reproduit des semences qu\u2019ils ont mises \u00e0 la disposition des paysans\/producteurs. En plus, les sessions de formation ont permis aujourd\u2019hui de constituer une masse critique de personnes de ressource en mati\u00e8re de cultures n\u00e9glig\u00e9es et ce sur tous les segments. Des \u00e9tudiants-chercheurs ont acquis des comp\u00e9tences, des publications scientifiques ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es par les enseignants-chercheurs, nos universit\u00e9s sont reconnues, consid\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019international, les acteurs des fili\u00e8res sont en relation.<\/p>\n<p>Nous avons construit et adoss\u00e9 au projet au Burkina et au Niger ce qu\u2019on appelle le \u00ab forum des parties prenantes \u00bb compos\u00e9 des principaux acteurs, des personnes-ressources, des OSC, ONG, sans oublier la participation des directions provinciales du minist\u00e8res en charge de l\u2019agriculture, qui travaillent sur ces cultures n\u00e9glig\u00e9es et\/ou sous-utilis\u00e9es. Il y a quelque chose d\u2019essentiel, de crucial et strat\u00e9gique qui se joue ici parce que nous avons r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9unir la majorit\u00e9 des acteurs.<\/p>\n<p>Sustlives est aussi un projet qui s\u2019enracine vraiment dans le terrain par le biais des acteurs de terrain qui ont une expertise av\u00e9r\u00e9e et peuvent assurer une durabilit\u00e9 aux actions. Sustlives a permis aussi \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Joseph-Ki-Zerbo, \u00e0 travers son Bureau de transfert de technologies-incubateur d\u2019entreprises (BTTI) de lancer 2 appels \u00e0 candidatures pour recruter et soutenir des projets d\u2019\u00e9tudiants et\/ou d\u2019entrepreneurs (femmes) ayant des projets pertinents dans le domaine des NUS (soutien financier et capacitation technique).<\/p>\n<p><strong>S. : Quelles sont maintenant les prochaines \u00e9tapes ?<\/strong><br \/>\n<strong>J.N. :<\/strong>\u00a0En octobre prochain, en Italie (\u00e0 Bari), nous avons une r\u00e9union de bilan de l\u2019ann\u00e9e 3 du projet et des perspectives pour la suite. Je ne veux pas aller trop vite en besogne, ni parler \u00e0 la place d\u2019autres instances, mais au cours de cette r\u00e9union, nous allons faire une sorte de revue collective de ce qu\u2019on a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 et de ce qui nous reste \u00e0 faire pour la derni\u00e8re ann\u00e9e du projet.<\/p>\n<p>Nous sommes en train de pr\u00e9parer d\u2019autres projets qui vont prolonger la dynamique de Sustlives et mettre \u00e0 l\u2019\u00e9chelle hors du p\u00e9rim\u00e8tre actuel du projet si cela est possible. Ce projet a du sens et de la pertinence et m\u00e9rite d\u2019\u00eatre plus connu et plus soutenu comme \u00e9tant une sorte d\u2019opportunit\u00e9 en mati\u00e8re de recherche, d\u2019action, de formation, de recherche-action et de recherche-d\u00e9veloppement dans le Sahel.<\/p>\n<p><strong>S. : Que faudrait-il faire selon vous pour p\u00e9renniser les r\u00e9sultats du projet Sustlives ?<\/strong><br \/>\n<strong>J.N. :<\/strong>\u00a0L\u2019un des enseignements de ce projet est que les minist\u00e8res en charge de l\u2019environnement, de l\u2019agriculture, de l\u2019enseignement sup\u00e9rieur, de la recherche et de l\u2019innovation, de la formation professionnelle et de la jeunesse et celui de la sant\u00e9 devraient plus coop\u00e9rer pour que les diff\u00e9rentes comp\u00e9tences scientifiques, techniques et sociales, les diff\u00e9rents savoirs et disciplines scientifiques, universitaires convergent plus et mieux, pour d\u00e9velopper une r\u00e9silience syst\u00e9mique, holistique.<\/p>\n<p>On a un potentiel incroyable qu\u2019il faut red\u00e9couvrir, reconstruire, co-construire et remettre en perspective contre cette crise climatique devenue une crise multiforme source de vuln\u00e9rabilit\u00e9 sociale. Ces cultures plus ou moins n\u00e9glig\u00e9es ou sous-utilis\u00e9es qui n\u2019ont pas toujours fait le centre d\u2019int\u00e9r\u00eat de la recherche officielle focalisent de plus en plus notre attention et permettront de d\u00e9jouer le pi\u00e8ge de la pr\u00e9carit\u00e9, de viser avec plus de certitude et de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire pour nos populations (rurales).<\/p>\n<p><strong>\u00a0Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Nad\u00e8ge YE<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/securite-alimentaire-et-nutritionnelle-les-cultures-negligees-et-ou-sous-utilisees-meritent-lattention-de-tous-pr-jacques-nanema-coordonnateur-de-lujkz-du-projet-s\/\"><strong>SOURCE : Sidwaya-info<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9concilier savoirs paysans et acad\u00e9miques pour am\u00e9liorer la productivit\u00e9 des cultures n\u00e9glig\u00e9es et ou sous-utilis\u00e9es telles que le pois de terre, le fabirama, le bissap, c\u2019est le pari que le projet Sustlives s\u2019emploie \u00e0 relever. 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